Disney critiqué pour son soutien (de poids) à la communauté LGBT ?

« Ce rêve bleu… » Si vous ne connaissez pas la suite des paroles de cette musique provenant du célèbre dessin animé « Aladin », c’est que vous n’avez pas eu une vraie enfance (en tant qu’enfant du monde occidental, je précise).

Bon, évidemment, je généralise beaucoup. Néanmoins il est certain, et peu de personnes iront me contredire, si je dis que les musiques et répliques provenant de disney sont tout de même devenues cultes. Elles sont gravées à jamais marquées dans un coin de notre mémoire dans la catégorie « doux souvenirs » (Vous savez ! Juste à côté de celle qui s’appelle « Traumatismes et autres douleurs incommensurables »). Ainsi comme tous bons dessins animés, ceux de Disney sont souvent cités étant les plus connus, puissants, et présents sur le marché jusqu’à devenir une vraie institution.

Et comme toute bonne institution ayant beaucoup d’influence dans les esprits comme dans les coeurs, quand Disney a choisi de se remettre au goût du jour en proposant des héros LGBT1, cela n’a pas eu pour effet de plaire à tout le monde.

Parlons de deux affaires, celles qui ont fait le plus de bruit sur le sujet : la série « Andy Mack » de Disney Channel en octobre dernier et la possibilité d’une princesse Disney homosexuelle.

La série « Andy Mack » diffusée sur Disney Channel relate la vie d’une pré-adolescente de manière introspective. Un des autres personnages principaux, son ami Cyrus, sera l’objet du débat en question étant donné qu’il pense être

andi-mack
(PHOTO: DISNEY CHANNEL FRANCE)

amoureux du même garçon que sa pote Andy. Un processus de découverte et d’acceptation de lui-même se mettra en place et amènera plus tard le personnage à faire son coming-out (l’annonce officielle de son orientation sexuelle). Avec cet épisode, la chaîne affirme dans un communiqué cité par Deadline, qu’elle a le désir d’envoyer à son audience «un message fort sur l’inclusion et le respect de l’humanité».

En outre, après les derniers dessinanimés de Disney comme « Vaiana » ou « Rebelle » où les jeunes femmes cassent les codes et se montrent fortes, indépendantes et libres, sans une once de romance, les réalisateurs Ron Clements et John Musker, ont confirmé dans une interview pour le HuffingtonPost que la porte était dorénavant ouverte à toutes les possibilités. Ainsi, il y a quelques mois, à l’annonce d’un projet de suite à « La Reine des Neiges », de nombreux internautes se sont mobilités autour de l’hashtag « #GiveElsaAGirlfriend » afin de réclamer à Disney une héroïne ouvertement homosexuelle.

Internautes se mobilisent pour cette idée, particulièrement par le biais de Twitter.

Ce mouvement fut lancé par Alexis Isabel Moncada, une adolescente américaine de 16 ans qui déclara sur le site de MTV : « En grandissant, je n’ai jamais vu de princesse tomber amoureuse d’une autre princesse. […] L’industrie du divertissement nous a fait tomber amoureuse, nous les filles, d’ogres, de monstres, d’abeilles. Mais on n’a jamais pu voir la pureté et la beauté d’une relation amoureuse homosexuelle. Personne ne mérite de se sentir isolé et mal à l’aise pour ce qu’il est. Tout ce dont nous avons besoin, c’est que quelqu’un nous montre qu’il y a d’autres options. Qu’il y a d’autres types de princesses. Et qu’il y a d’autres manières d’obtenir la fin heureuse que l’on mérite tous ».

Ces projets ont tous deux du faire à de nombreux détracteurs qui, non loin d’afficher un exemple de tolérance, trouvent honteux d’afficher sur nos écrans des exemples de personnes LGBT. Leurs arguments ? Etant donné que nous nous construisons grâce à des modèles, avoir des personnages principaux LGBT pourrait amener les enfants à avoir une tendance naturelle envers cela. C’est donc la peur que leurs enfants changent et « deviennent différents » qui amène certains parents à refuser catégoriquement ces projets ; ce qui est aussi homophobe qu’irrationnel, on ne peut décemment pas maîtriser qui l’on est ou qui l’on sera. Cet argument a beau être valorisé par son intention de protection, il empêche tout autant la normalisation et l’identification des minorités qui ont seulement besoin de modèles.

De plus, pour ses diffusions de séries représentant deux parents de même genre, Disney fut attaqué par de nombreuses associations anti-LGBT au sein même des Etats-Unis, parce qu’ils « prônent un style de vie incorrect » et « amènent les enfants à vouloir débattre de leur orientation sexuelle de manière prématurée ».

Ces productions populaires pourraient permettre d’une part aux personnes se sentant anormales et rejetées par la société de pouvoir enfin s’identifier à des modèles, et d’autre part, de normaliser les diverses orientations sexuelles et sentimentales. Je trouve cela hypocrite de vouloir faussement changer le monde et le rendre meilleur, de répéter ce laïus à n’importe quelle occasion, quand on refuse d’accepter les diverses nuances de chacun à partir du moment où cela peut nous concerner personnellement.

Certaines personnes homophobes diront que l’homosexualité n’est pas normale, tout comme sa « propagande » à la télévision et dans la vie. Mais une interrogation peut rapidement venir : comment se met en place cette présumée « normalité » ? Est-ce qu’elle existe réellement ? C’est ça la vraie question.

C’est en voulant créer des normes sociales que l’on exclut le plus grand nombre de personnes, qui, sans soutien, ne pourront considérer leur diversité et leurs différences que comme un défaut à cacher et à changer.

De même, si vous demandez à un enfant si cela le dérange de voir deux femmes ou deux hommes s’embrasser, il vous répondra sûrement qu’il s’en fiche. Mais il se calquera surtout sur le comportement d’un adulte présent afin de forger son opinion ; c’est une raison de plus pour nous rendre compte que c’est nous-même, qui amenons les générations futures à se construire, avant qu’ils ne deviennent plus tard les adultes acteurs de notre monde. Devons-nous les formater vers la haine et le rejet de l’autre ou leur apprendre la tolérance et l’acceptation de soi ?

Ça a beau être une question rhétorique, il est certain que la réponse n’est pas claire pour tout le monde et cela est bien dommage.

Madadne

1 : LGBT : Qui concerne les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres.

Sources : HuffingtonPost ; Twitter ; Disney Blog ; libertépolitique.com ;

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