Interview d’un Odieux Connard

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-Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Certes. Je suis l’Odieux Connard, humble auteur de trucs sur internet et ailleurs, avec une forte tendance au cynisme et à l’humour noir. Si quelque chose est stupide, je me fais un plaisir d’en parler. Autant dire qu’en ce bas-monde, j’ai de la ressource.

-Quel est votre parcours scolaire, vous permettant, d’avoir autant de prestance et de culture afin de nous éblouir à chaque article?

J’ai un diplôme d’Histoire et un autre de « Mise en valeur & protection du patrimoine », mais tout le monde sait que je fais semblant d’être cultivé en faisant des copiés/collés de Wikipédia.

-Sur quels types de « PROJEEEETS » travaillez-vous?

Des livres, généralement. Ce sont de petits objets rectangulaires avec des pages en quantité surnuméraire et de l’encre dessus. Pour le reste, je ne détaille pas : j’aime parler des choses uniquement quand tout est prêt.

Combien de temps cela vous prend d’écrire un article ?

Bien qu’évidemment la chose soit variable, on pourrait grossièrement dire : 3 à 6 heures pour les sujets de société, 6 à 8 heures pour les spoilers de films (il faut rajouter en sus les 2h30 de visionnage). Comprenez donc que l’auteur n’écrive pas tous les jours ; il a d’autres activités.

Quel est votre rythme de publication ?

En général, il faut compter un article tous les 8-10 jours. Cependant, selon l’emploi du temps de l’auteur, les choses peuvent varier (comme cela est précisé dans les avertissements). Si vous ne voulez pas « guetter », le flux RSS et la newsletter ou autres sont là pour ça.

Pourquoi toutes vos critiques de films sont elles super négatives ? Vous n’aimez rien ?

Plus simplement, la confusion est courante : je ne critique pas, je spoile. Je ne parle pas ou peu de la réalisation, du jeu d’acteur, des costumes, des effets spéciaux… je m’en tiens au scenario et aux choses qui me font rire malgré elles (incohérences, répliques mal trouvées…) et je raconte le film. Et ce, de manière ultra-négative (et c’est souvent mérité). Sinon, j’aurais appelé ce site « Le blog d’un type formidablement objectif ».

-Pensez-vous avoir une certaine influence auprès de votre communauté?

Non. J’ai une communauté qui est généralement assez ouverte sur la question des débats – un sujet récurrent sur le blog – du coup, j’ose penser qu’ils ont ou se font leur propre opinion. Je sais que la mode est aux « influenceurs », mais non seulement ce mot ne veut plus dire grand chose, mais je ne m’y retrouve pas. J’ai autant d’influence sur mon prochain que n’importe quelle autre personne : je dis des trucs, les gens en font bien ce qu’ils veulent.

 

-Comment vous est venue l’idée de faire des articles remplis de mauvaise foi sur le web?

Je faisais de la mauvaise foi dans la vie de tous les jours. Mes amis ont fini par en avoir marre et m’ont suggéré d’aller déverser mon trop plein de cynisme sur internet. Et hop, nous y voilà. Soyez blasés : ça mène à tout.

 

A notre connaissance vous avez publié deux ouvrages, quelles ont été les démarches ? Cela venait-il de vous, ou vous a-t-on démarché ?

J’en ai même publié plus sous d’autres noms, mais c’est un autre sujet. En tout cas, oui, on est venus me démarcher. Dans le même temps, mon agent – car oui, j’ai une agent et c’est la classe – a rencontré Seuil, puis Points, maisons d’éditions avec lesquelles j’ai travaillé pour avoir un joli livre. Les démarches ont du coup été relativement simples : avoir un rendez-vous, présenter le blog, proposer un livre (par exemple, avec des inédits en quantité dedans pour être un peu sérieux), et en général, on nous dit oui ou non. Puis, au boulot, parce que les inédits ne vont pas s’écrire tout seuls.

 

– Comme vous l’avez précisé, votre blog et vos livres ne sont pas vos premières expériences dans le domaine de l’écriture, seriez-vous d’accord pour développer ce point ? 

Le blog est plus ou moins ma première expérience ; j’ai tapé quelques articles ici ou là avant, mais rien de méchant. Non, ce que je souhaitais souligner, c’est que j’ai écrit d’autres choses, comme À la Vie, à la guerre, paru avant les livres du blog (mais après les débuts du blog, soyons précis), et d’autres livres dans d’autres secteurs. Puisque oui : j’aime les exercices de style. J’écris donc autre chose que des trucs cyniques, parfois.

 

-Lorsque vous écrivez, vous imposez vous une censure particulière ou êtes vous totalement libre?

Je suis libre. Et c’est même pour ça que je n’ai pas de Tipee/Patreon pour le blog. Ça doit rester un espace où je peux prendre des risques à ma convenance. 

 

-Recevez-vous des lettres d’admirateurs•trices? (chez Nouga’press nous n’excluons aucun être vivant ou minorité visible -y compris les sous marins nucléaires et les hélicoptères d’attaque). Plus sérieusement, diriez vous que votre expérience avec votre communauté vous apporte quelque chose ?

Ah ! Chez Nouga’press, vous excluez donc les malvoyants, bandes de margoulins ? Cessez cette écriture pas très inclusive que je ne saurais voir ! En tout cas, oui, mon expérience avec ma communauté m’a apporté plein de trucs.. Que ce soit intellectuel ou plus festif. Mais, ne détaillons pas ce dernier point, il y a des enfants dans la salle.

– Que pensez-vous de la cote croissante de l’humour noir ? Serait-ce grâce à une soudaine ouverture d’esprit ou seulement une tentative comme tant d’autres afin de se démarquer par l’usage de propos volontairement provocants?

L’humour noir a toujours existé. Maintenant, il est vrai qu’aujourd’hui, la provocation est devenue un outil puisqu’elle fait réagir réseaux et médias assez promptement, ce qui arrange bien des gens. Maintenant, quelle provocation ? Si c’est pour aller à contre-courant et amener d’autres discours qui alimentent une réflexion, ça m’intéresse. Mais quand la « provocation » consiste à faire de petites phrases dans le seul but d’avoir des retweets, bon… surtout que l’humour noir trouve de moins en moins sa place : quand on entend des gens dire que tout ce qui les choque devrait être interdit/écarté, bon. Ça part d’un bon sentiment (son bien être ou celui de son prochain), mais pour évoluer, nous avons besoin d’entendre des choses avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord, d’être interpellés, choqués, etc.

 

– Quel est votre point de vue sur l’effervescence du numérique, au détriment du marché de l’édition?

C’est un faux problème. On voit cela comme une menace alors qu’au contraire, les deux se sont très bien rencontrés. Que ce soit moi-même ou d’autres larrons ayant fait leurs armes en ligne, nous ne sommes pas démarchés par des éditeurs par hasard : pour les éditeurs, cela permet de publier des auteurs avec très peu de risque, puisqu’ils ont déjà un public rencontré en ligne. Alors qu’éditer un illustre inconnu en lui donnant sa chance… c’est plus aléatoire ! Donc définitivement, l’édition et le numérique ne sont pas ennemis. Au contraire.

Que pensez-vous des médias d’aujourd’hui? (*TOUSSE* Bfm.tv et buzzfeed *TOUSSE*)

Vous voulez dire, les dépêches AFP copiées/collés avec trois mots changés et deux tweets pour illustrer ? C’est bluffant. On parle souvent du journalisme en danger dans bien des pays tant des dictateurs empêchent des gens de mener leurs investigations. Mais nous, notre journalisme est tout simplement en danger pour cause de paresse, et il est à deux doigts de s’éteindre dans son sommeil. Bravo.

Vous pouvez bien évidemment retrouver l’Odieux Connard sur son propre > site <

Madadne

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