Rencontre avec Pascal Josse

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Rencontre dans la salle de réunion, où sera aussi présente l’exposition des TL et TS2, en mai 20181

  Ce vendredi 8 décembre les classes de terminales L et S2 ont pu participer à une rencontre durant 3 heures, avec Pascal Josse, un sculpteur-muséographe. Afin de présenter aux élèves, d’une part son parcours et son expérience, mais aussi d’apporter quelques conseils pour le bon déroulement d’un projet d’exposition réunissant les deux classes, prévue pour le mois de mai 2018.

  Diplômé des Beaux-Arts, puis des Arts décoratifs, cet artiste bien particulier décrit son métier conduisant à la création d’objets et de situation, avec pour but de capter l’attention du visiteur. Ce qui permettra évidemment à celui-ci d’acquérir un savoir plus marquant et plus absorbant qu’une suite de textes sans fin, comme on peut le voir dans les manuels. Ici il est question d’être devant la chose et qu’elle s’explique d’elle-même, vivre l’instant pour le comprendre et qu’il soit à la portée du plus grand nombre ; Assez simple pour qu’une personne avec une culture générale lambda puisse suivre, mais assez juste pour qu’un expert en la matière n’aie rien à redire.

  Pour cela, il lui faut donc travailler avec différents spécialistes et s’appuyer sur diverses documentations pour permettre à son travail d’être le plus précis et réaliste possible. A noter qu’un chantier dure en général 10 à 12 mois.

  Les projets sont forcément financés par l’argent public et son ainsi présentés sous la forme d’appel d’offre. Après avoir pris connaissance du travail demandé et l’avoir analysé, il y a tout un travail de conception et de réalisation où il faut se positionner en tant que relais au maître d’oeuvre. Ce qui représente environ deux semaines de travail « gratuites » étant donné qu’un des problèmes du marché public est que le paiement se fait sur prestation . Ce qui amène à travailler sur ses propres fonds pendant deux ou trois mois au moins.

  Pascal Josse reproduit toutes sortes de scènes, d’objets et de personnages dans son atelier, cela va des tranchées d’un champ de bataille à la reproduction de mammouths destinés à la grotte Chauvet. Et cela grâce à divers matériaux et différentes méthodes qui divergent selon les projets. Par exemple, pour les tranchées, il a été question de reproduire les tranchées à l’échelle réelle dans un premier temps avant de les utiliser pour faire un moulage en plâtre, puis un tirage en résine et au final les mises en couleurs et patine.

Les élèves et professeur ont pu ensuite poser des questions à leur guise, en voici quelques-unes accompagnées de leurs réponses :

-Pourquoi choisir certains matériaux en particulier ?

« Même si je m’accommode plus d’utiliser le plâtre, le polyester offre une meilleure performance, il est plus solide et de meilleure qualité et permet des imitations de matières incroyables.»

Est-ce que certaines contraintes sont un frein à la passion artistique ?

« Les principales contraintes sont administratives, même si cela n’est pas ce qui m’intéresse le plus car le plus important pour moi est d’avoir de la liberté sur l’expression du travail en lui-même. Aussi, une contrainte qui peut rendre un chantier compliqué est le délais demandé : s’il est trop long, on perd du temps ; alors que s’il est trop court c’est un vrai défi de réussir à finir dans les temps. »

Par rapport au fait de travailler en collaboration avec des historiens, est-ce qu’il y a des contraintes historiques ?

« De toute façon, il faut donner au maître d’ouvrage ce qu’il demande car dans tous les cas c’est lui qui nous paye. Il faut aussi s’accoutumer de divergences d’opinions par rapport aux historiens dans le cadre où ils estiment que quelque chose est vrai seulement, et seulement après avoir pu le prouver. Au contraire, l’artiste prend pour vrai ce qu’il pense possible en théorie, tant qu’on ne lui a pas prouvé le contraire. »

-Exercez-vous votre travail à l’étranger ?

« Même si l’appel d’offre est à l’échelle européenne, en général on ne répond qu’aux offres françaises car qui dit différents pays, dit différentes administrations. Et à ce moment là la barrière de la langue pose un souci en cas de problème. Néanmoins j’ai déjà travaillé à l’étranger par le biais de grandes entreprises françaises, au Japon, en Australie et aux Émirats Arabes. A ce moment là il faut trouver un moyen de déplacer les pièces sur une longue distance, c’est aux frais de l’entreprise étrangère.»

Ce fut une rencontre enrichissante et particulière, autant pour notre culture que notre projet d’exposition.

-Madadne

: En raison du droit à l’image, en cas de problème, n’hésitez pas à contacter la rédaction!

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