«Ça » version 2017 : Remake trippant ou échec cuisant ?

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ALERTE SPOILER ACTIVEE. FUYEZ PAUVRES MORTELS !

(EDIT: Avant tout, je précise encore une fois, et c’est bien dommage d’en arriver à devoir se justifier autant, que le but de mon article est de faire valoir des réflexions par le biais d’humour noir et de mauvaise foi ; il est donc à prendre avec autant de sérieux qu’il l’est écrit.

Bien cordialement, n’oubliez pas d’oublier le premier degré parfois et de boire de l’eau, la rédaction.)

Les remakes ont en général été assez mal accueillis par les fans, car ils sont généralement assez mal faits par rapport au film original (Coucou Death Note *Clin-d’oeil*). Nous retrouvons cette fois-ci une autre adaptation du roman de Stephen King : « Ça ».

Alors, vaut-il le coup ou contribue-t-il à agrandir la lignée des remakes pourris ? (En comptant qu’un ticket de cinéma vaut en général dans les 8€, qui est une somme quand on est au lycée et que l’on garde généralement l’argent de poche de papa-maman pour se bourrer de gaufres.)

  Bon alors c’est parti pour la petite critique des familles de ce qui fut tout d’abord un imagesroman d’horreur de Stephen King paru en 1986, avant d’être adapté en un téléfilm quatre ans plus tard réalisé par Tommy Lee Wallace. Pour enfin en arriver à la version d’aujourd’hui d’Andrés Muschietti qui a déchaîné les foules à la fois sur le net et dans les salles.

 

Et ce, même avant sa sortie, grâce aux multiples campagnes de pub lancées à cette occasion, qui ont permis un démarrage en force avec un box office de 266,3 millions de dollars ; devenant ainsi le plus gros succès de l’histoire pour un film d’horreur aux Etats-Unis devant « L’Exorciste » d’après boxofficemojo.com.

L’histoire se passe dans la ville de Derry dans le Maine, où, comme par hasard, les disparitions sont plus courantes que n’importe où aux Etats-Unis, surtout celles d’enfants (déjà on sent les emmerdes venir). Ces disparitions marchent par cycles, ici, l’intrigue est amorcée par celle d’un petit garçon nommé « Georgie ». Armé de son fidèle bateau en papier, il s’est dit que ça allait être marrant de le faire naviguer par temps de pluie, et fait ainsi la rencontre de Grippe-Sou le clown avec qui il tape la discussion SANS AUCUN PROBLEME, (Vraiment. Je continuerai de gueuler sur ça plus tard) avant de se faire bouffer le bras par la créature et de disparaître dans les égouts de la ville.

Par la suite, anéanti par la disparition de son petit frère (ça sera bien le seul) et rempli d’un sentiment de culpabilité pour l’avoir laissé sans surveillance, Bill décide de ne pas perdre espoir et de néanmoins continuer les recherches. Mais certainement pas seul ! C’est ainsi que grâce à une accumulation de situations et rencontres rocambolesques se créa le « Club des ratés » regroupant l’ensemble des clichés de pires « Losers » de l’école, avec, attention :

-Bill le personnage principal, le mec trop DaRk et Em0 dont le petit frère est mort et qui bégaye en plus de ça.

-Stan, le petit juif qui comprend même pas la Torah et qui, est trop candide pour cette histoire, mais « tellemeeent » candide !

-Richie, le mec insolent avec tout et tout le monde qui fait des blagues de vulgaires avec un bon charisme.

-Eddie, le fils à maman qui le bourre de placebo parce qu’elle le pense malade chronique (et qui est quand même le seul qui réussit à se casser le bras)

-Mike Hanlon, le petit garçon noir  dont les parents sont morts et qui se fait agresser dès que possible par la bande de « méchants » dirigée par Henry Bowers.

-La fille, Beverly Marsh, qui est à la fois la cible de harcèlement scolaire et domestique avec un père pervers et violent (note : c’est la seule fille, donc, tous les mecs du groupe veulent se la faire secrètement – la meuf c’est un morceau de viande ambulant)

-Et enfin le cliché suprême du looser, j’ai appelé Ben ou « le p’tit gros » (une autre sorte de morceau de viande) romantique et poète, qui aime la fille mais qui se fait friendzone en beauté.

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Ils ont le même regard rempli d’effroi que moi quand je pense au bac.

  Nous avons pu assister à des apparitions de « Ça » après que chacun des personnages se transforment en leur peur les plus obsédantes et profondes mais aussi se confrontent à de nombreuses reprises, notamment dans la maison abandonnée où ils découvrent que la faille de la créature, est précisément la peur qu’elle provoquera chez eux, ou non. A partir du moment où il n’ont plus peur, le clown ne peut plus se nourrir de leur angoisse.

Néanmoins, Pennywise (ou Grippe-Sou le clown) captura la belle Beverly et c’est ainsi que la petite bande en a eu ras le c*l et s’est dit que : « Grrrrr, un clown qui veut bouffer tout le monde ? OK. Il veut toucher à la fille? NOPE ! Et si on allait dans les égouts pour le buter, lol ? ». Ils partirent donc à la recherche de la fille pour la sauver et par le pouvoir de l’amitié et des arc-en-ciel réussirent à anéantir le clown, pour l’instant.

Après avoir résumé en grandes lignes le synopsis, passons à la critique. Ça va chier. (Vous avez compris le jeu de mot ? *petit rire aigu*)

Avant tout, on peut préciser que peu nombreuses sont les personnes qui ont véritablement critiqué le film de manière négative, déjà parce que c’est globalement un bon film même si je fais preuve de beaucoup de mauvaise foi, mais aussi par rapport au succès retentissant qu’il a eu dès sa sortie.

Maaaaais comme nous ne sommes rien sans notre esprit critique, occupons-nous des quelques atrophies du film.

  1. Les moments où l’on a l’impression que les personnages sont juste débiles. Car oui, à de nombreuses reprises, j’ai eu l’impression que les personnages agissaient non pas comme des enfants mais comme des adultes, (et encore cela pourrait être une sorte de métaphore) même si le vrai problème réside dans le fait qu’à certains moment ils n’ont aucun instinct de survie.

    Exemple : Georgie doit avoir, allez quoi, cinq ans ? Mais à cet âge là, est-il possible

    Capture
    (Cliquez sur l’image pour visionner l’extrait en VO)

    d’être aussi c*n ? Attends petit, tu vois un clown qui te parle depuis les égouts en te disant qu’il y a un monde rempli de merveilles et avec un sourire de pédophile. C’est pas un tout petit petit peu suspect ? Je dis ça, je dis rien.

     

    Mais selon le principe d’obtenir quelques sucettes, n’importe quel môme serait prêt à vendre son âme (littéralement) et son cerveau est aussi efficace que la candidature à la présidence de Jean Lassalle. Soit.

    Mais au moment de la scène de la bibliothèque, quand Ben voit des œufs en chocolats fumants qui traînent parterre, y a aucune suspicion ? Rien ? Il les suit ? Ok. Je veux bien qu’il soit gros, mais bordel pourquoi il a fallu que ça tombe sur lui le coup du chocolat, merde !

  2. J’ai déjà parlé des clichés, notamment dans la composition de la bande. Mais ce n’est pas tout. A la fin, au moment où les enfants vont dans les égouts, ils y vont pour « sauver la pauvre petite fille en détresse 😦  » Et non pas pour la même raison qu’au départ : leur amitié et leur volonté d’éradiquer le mal car ils sont les seuls à pouvoir le faire (en prenant en compte le détail que les adultes ne peuvent pas voir la créature). Je ne suis pas particulièrement féministe mais je tiens à dire que le schéma de la princesse en détresse qu’on nous sert et ressert depuis des années c’est de la merde, en plus d’être inutile ça n’apporte rien d’intéressant.

  3. Pour finir : Ben et Beverly. On pourrait se dire « Déjà qu’il est gros, qu’il s’est fait éventrer, c’est pas gentil de faire en sorte qu’il se fasse rejeter par la fille à la fin 😦 » MAIS PAS SEULEMENT, ce qui est perturbant et énervant c’est qu’on nous les présente comme LE couple de l’histoire (car dans chaque histoire destinée commercialement à des adolescents, il y a forcément un brin de romance). Le mec il se fait chier à lui écrire des poèmes, à être tout le temps collé à ses basques, à la sauver en l’embrassant à la fin. Tout nous amène à avoir un peu d’espoir pour ce petit garçon en surpoids et seul qui cherche juste un peu de reconnaissance et d’amour. Et elle fait quoi ? ELLE EMBRASSE LE PERSONNAGE PRINCIPAL A LA FIN. ET C’EST PAS DU FOUTAGE DE GUEULE ?!

    *Fait son troisième infarctus du mois*

    Néanmoins, c’est aussi déroutant comme fin et cela donne envie de voir la suite, car on pourrait interpréter ça comme le côté impulsif de l’adolescence, et de vivre les choses au moment où on les ressent. C’est même amusant que nos attentes soient trahies d’une certaine manière.

Après, certains reproches que je viens d’émettre viennent surtout du scénario et de l’histoire en elle-même, de base, le roman est fait comme ça (Donc oui je fais preuve de mauvaise foi mais bon, hein, vous avez l’habitude).

C’est maintenant le moment de passer aux points positifs, car malgré tous mes chipotages, c’est un bon remake à mon très humble avis.

    1. Les personnages. Malgré tout, on s’attache facilement à eux, chacun à son petit caractère et son histoire. J’ai particulièrement bien aimé Richie parce que je me retrouve en lui et en ses blagues. Car ce qui est génial avec ses répliques c’est que l’on rit A CHAQUE FOIS (c’est toujours sexuel et vulgaire aussi c’est sûrement pour ça).

        Aussi, même si ils agissent comme des adultes, comme je le disais plus tôt, cela peut être symbolique car eux seuls voient le clown, peut être parce qu’en grandissant nous nous fermons aux peurs, non pas parce que nous n’avons plus peur, mais parce que nous ne pouvons plus avoir peur d’une certaine manière, et le choix qui reste est donc de les ignorer, alors que ces enfants font face et regardent le mal dans les yeux. Et c’est justement une des choses les plus morbides de l’histoire : les adultes ne sont plus là pour protéger les enfants, ils sont aveugles, donc la figure de sécurité qu’ils incarnent vole en éclats.

    2. Dans cette décrédibilisation du mal nous avons aussi l’humour qui est un des

      Capture
      Et paf le gosse.

       éléments les plus présents de l’histoire. Pour la chute de Georgie, au tout début du film, on sait par notre culture générale qu’il va mourir mais le fait qu’il tombe et s’étale comme un pantin nous amène à ne pas être gêné de nous foutre de la gueule d’un mort à en devenir. Le duo rire/peur dû aux comiques de situation et aux répliques des enfants, allège l’atmosphère et rend le film plus agréable sans pour autant nous amener à être constamment en sécurité.

    3. L’ambiance et les musiques des années 80 donnent un côté rétro appréciable au film, (même si c’est de toute manière le contexte de base de l’histoire). J’ai nommé la fameuse coupe mulet de qualité et la combinaison rose de la mère d’Eddie. Irremplaçable !

    4. Et pour finir, le personnage de Pennywise. Ce qui le différencie de celui des années 90 c’est son côté incontrôlable, bestial, enfantin. Il bave, il tremble, il rit de manière hystérique, ses mouvements sont saccadés comme un pantin et ça le rend ridicule d’une certaine manière. Mais pas assez pour nous rassurer…

      old-and-new-pennywise-the-clown-it.jpg

      On sent qu’il joue constamment avec les enfants, il les observe de loin et attend son heure. Rien que dans son costume il est troublant (A noter que l’acteur qui le joue mesure presque deux mètres alors, même avec lui, on déconne pas), ses yeux qui brillent dans l’obscurité et son sourire, on dirait presque ma petite sœur, ce côté surnaturel et inhumain ! Alors que si on devait parler du Pennywise de 90, il a aussi un côté bestial et vicieux mais on pourrait presque l’apparenter au pédophile du coin malgré ses différents changement d’apparences, alors que le nouveau est une créature capricieuse et malicieuse.

    5. Et enfin la symbolique : le passage à l’âge adulte. Ce qui est montré explicitement avec Beverly et sa peur de grandir (Si vous ne l’aviez pas compris, le sang dans la salle de bain c’était la métaphore des règles 😀  ). Le fait que la créature se change en clown fait un lien avec notre confiance en certaines valeurs. Des choses qui de base sont censées être innocentes, mais qui transformeront en créatures voulant la mort et la destruction ; le but étant que les repères soient chamboulés.

    6. BONUS – Les funs facts et différents clins d’oeil

De nombreux clins d’œil sont faits au spectateur, les aviez-vous devinés ?

-Tout d’abord le film sort exactement 27 ans après le téléfilm, en référence au cycle des 27 ans de l’histoire (car oui, pour ceux qui n’ont toujours pas suivi, le clown se réveille pour aller chercher à graille tous les 27 ans). De plus, l’acteur jouant Pennywise vient de fêter ses 27 ans lui aussi. La joie des coïncidences morbides !

-Au début du film, un des personnages porte un tee-shirt faisant référence à une autre histoire de Stephen King, avec des gros yeux oranges.

-Au moment où les enfants sont dans la maison abandonnée, Eddie se casse le poignet à cause d’un monstre qui l’effraie, un lépreux, vu plus tôt dans le film. Et qu’est ce qu’il y avait dans la bouche du lépreux ? Une des pilules que le p’tit gars avait fait tomber lors d’une course poursuite avec ce même monstre.

Le plus intéressant n’est pas les détails en eux-même mais leur existence pendant deux secondes de film ; comme un jeu que le réalisateur ferait avec nous pour nous amuser. Et ça marche.

Bon je vais peut être m’arrêter là, même s’il y aurait d’autres choses à dire. C’est une bonne interprétation du roman, vraiment intéressante, donc c’est assez cool à voir.

Ça mérite un joli 16,54/20.

-Madadne

 

Merci à Rozz d’avoir contribué avec ce portrait deux en un !

 

Source: cliquer sur les images pour être redirigé vers la source en question

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