Chine : une silencieuse destruction

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Les images étonnantes de Jesse Rockwell de la destruction de Larung Gar avant et après http://www.jesserockwell.com

 

  Larung Gar, est à la base une ville peuplée en majorité par des moines et des nonnes car c’est l’un des principaux centres d’enseignement du bouddhisme tibétain. Tout allait bien mais depuis 2016, le gouvernement Chinois a décidé de détruire certains quartiers et expulser les habitants. Le gouvernement souhaite, en effet, baisser la population de 20 000 à 5 000 habitants. Alors pourquoi ? Pour «  réorganiser la colonie surpeuplée pour éviter les accidents et assurer la protection des moines ». L’État est également inquiet de l’influence que peuvent exercer les moines, les autorités se plaignent de leur expansion : « Elles s’efforcent, certes très maladroitement et sans délicatesse, d’établir une capacité de contrôle sur une institution unique par sa taille et son importance, et qui jusqu’alors fonctionnait plus ou moins en dehors du système », constate le tibétologue britannique Robbie Barnet […]la situation ne se dégrade rapidement que si les chefs religieux de Larung Gar échouent à convaincre les résidents de ne pas protester ». Vers la fin de 2016, au siège de l’Union Européenne, une résolution fut votée par le Parlement : « le parlement européen […] prie instamment les autorités chinoises de cesser la démolition de l’institut de Larung Gar et l’expulsion de personnes. » Mais le gouvernement Chinois ne semble pas enclin à arrêter et prévoit de transformer le village en site « culturel touristique » 

Mais ce n’est pas la première fois que de tels événements se produisent. En effet en 2001, une première série de démolitions et d’expulsions avait causé une détresse généralisée parmi les Tibétains. Le choc était tel que certains se sont suicidés, tandis que d’autres sont devenus psychologiquement fragiles. Malheureusement, quinze ans plus tard, les faits se reproduisent.

Face à cette sinisation, les moines en viennent à l’extrême en pratiquant l’auto-immolation. C’est donc plus d’une centaine de moines qui se sont immolés par le feu afin de dénoncer la répression chinoise. Le Dalaï Lama a lui-même décrit ces événements comme un « génocide culturel ». « Ce phénomène consiste à organiser la colonisation des régions tibétaines par des Hans (92% de la population chinoise), une infiltration qui passe par la religion.« 

De nombreux moyens de pression ont été exercés par les autorités pour forcer les expulsions : réquisition des résidences, signature de documents officiels acceptant l’abandon de leur maison et le retour dans leur ville d’origine, sous peine de représailles violentes. Arrestation, torture, emprisonnement, incitation monétaire proposée à certains religieux afin qu’ils partent. Ceux qui ont été forcés de quitter Larung Gar doivent subir une « rééducation patriotique » pendant six mois, dès leur arrivée dans leur village d’origine. Certains d’entre eux sont également soumis à des détentions forcées, d’une durée pouvant aller jusqu’à un an et demi.

 

-Hito

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